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Chroniques : COVID-19, on t’aura ! – Parcours patient et vie de famille impactée

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Un parcours patient complexe

Toutes les consultations non indispensables sont annulées, tous les blocs opératoires non indispensables sont annulés. Tous les réanimateurs sont mobilisés en premier, puis une deuxième ligne est organisée. Des équipes en double se créent : prévoir un épuisement, prévoir une atteinte COVID des confrères et les relayer ?

Un tombe, l’autre le remplace.

Toute la vie hospitalière est arrêtée, brutalement. La ruche s’éteint. Les couloirs sont vides. Le réfectoire est fermé. On nous distribue des paniers repas. Les salles de détente sont occupées 3 à 3, en roulement.

Le parcours patient COVID + est enfin fléché, compris, digéré et respecté. Des étages entiers sont dédiés aux patients COVID +. Des ascenseurs sont réquisitionnés. En revanche, c’est assez compliqué d’aérer à l’hôpital, toutes les fenêtres sont sécurisées…

Et arrive la menace :
Un problème fondamental se pose : restriction de masques.
Les patients COVID+ doivent porter des masques ainsi que les soignants, mais qui choisir entre les deux?

Les soignants au contact de patients tout venant doivent porter un masque.

Certains patients ne supportent pas ce masque. Certains l’enlèvent pour éternuer ! D’autres le mettent dans la poche pour la grand-mère ! D’autres, encore, le donnent à leurs enfants enrhumés…

Le personnel soignant doit enseigner les consignes aux patients.
Le personnel soignant, efficace et pédagogue, explique et réexplique les manœuvres de protection aux patients, barrières et distanciation pour eux-mêmes.

L’ambiance est très particulière.

Les services sont organisés en espace différenciés COVID+ et COVID- (dite « zone propre »). Les patients suspects transitent d’une zone à l’autre en fonction de leur négativité.

Les équipes médicales ont une répartition du travail très différente d’un service à l’autre.
Les services d’infectiologie, les biologistes, les réanimateurs les radiologues sont débordés. Les équipes fonctionnent 24 heures sur 24. Gardes doublées. Les patients sont lourds, polypathologiques, les familles et visites sont interdites. Les patients sont encore plus isolés.

Double peine : COVID + et seul !

Les équipes de chirurgie sont plus calmes et tournent en rond. Tout le monde veut aider, mais comment ?

Dans chaque service, un même but : garder une équipe sur pieds, valide et efficace.
Comment s’organiser? Un médecin sur deux ? Il faut garder une deuxième ligne pour remplacer ceux qui sont infectés ou épuisés.

L’ouragan ne fait que commencer.

Un soutien moral de la population essentiel

En rentrant de l’hôpital, après un week-end de garde, de discussion avec l’équipe de garde, de résolution de problèmes, j’entends les applaudissement de 20h. J’ai gagné mon week-end !

En fait, tout le monde est concerné et conscient de la gravité de cette infection.

L’effort d’adaptabilité de chacun et les encouragements des autres boostent toutes les équipes de soignants.
Plusieurs services de traiteurs, de transports et de blanchisserie proposent des aides pour les soignants. Monoprix a un réseau et code particulier pour la livraison à domicile des soignants (toutes les initiatives à lire ici). Des navettes entre les gares et les hôpitaux sont gratuites. Des pizzas sont livrées !!!

Un décalage criant entre soignants et confinés

On rentre à la maison en « sauveur du monde », mais la réalité nous rattrape comme toujours.
Nos horaires sont impossibles, et deviennent incompatibles avec la vie de famille.

Le confinement de nos proches les rend ultrasensibles.
Dès que nous rentrons, nous sommes « pestiférés ». Aucune interaction avant un déshabillage complet et vêtements mis à laver, douche et SHA. Après cela, on peut se parler. Les proches se demandent s’ils ne sont pas exposés malgré le confinement, car nous même sommes au sein de la tourmente. Ils nous questionnent sur la journée, les patients, les décès, l’ambiance. Et nous, nous n’avons qu’une envie : faire une pause dans notre maison, oublier les consignes les désinfections les difficultés.
Nous rêvons presque d’être confinés…

Quel décalage avec les gens confinés, et en particulier sur les réseaux sociaux !
Les entendre écouter chanter les petits oiseaux, faire leur gym, décrire des recettes de cuisine, recevoir des opéras à télécharger ou des conseils de livres à lire : tout est tellement décalé par rapport à ce que les soignants vivent : réanimation, tri de patients, sévérité, Covid, Covid, Covid, urgences, organisation des gardes, décisions difficiles à prendre, etc…

Voir des tartes et des fleurs semble irréel.

Dehors, nous ne savons même pas quel temps il fait.
Bien sûr, nous comprenons l’isolement des gens et leur restructuration personnelle et collective, mais la séparation est encore plus criante entre les soignants et les autres.

Oui, le virus est contagieux…

A suivre ici

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