Docndoc

Tout savoir sur la vaccination COVID-19

Temps de lecture : 6 minutes

Début de la vaccination contre la Covid-19 en France

La première phase de la vaccination contre la Covid-19 a débuté en France en ce mois de décembre. La stratégie engagée prévoit plusieurs phases de vaccination, avec en priorité la nécessité de protéger la population présentant des risques de développer une forme grave de la maladie. Qu’en est-il de l’immunité, des risques et de l’avancée du développement des autres vaccins ? Retrouvez toutes les informations utiles dans notre article.

Cinq phases jusqu’au déploiement complet du vaccin COVID

La Haute Autorité de Santé prévoit une priorisation pour la vaccination COVID en cinq phases. Le but : privilégier les personnes avec des facteurs de risque sévères.
 
La phase un concerne :

  • les personnes âgées résidant en EHPAD et en USLD (Unités de Soins de Longue Durée)
  • les professionnels de santé exerçant en EHPAD et en USLD et qui présentent un risque accru de forme grave ou de décès, à savoir s’ils ont plus de 65 ans et si présence de comorbidités.

 
La phase deux concerne :

  • les personnes de plus de 75 ans (en commençant par les plus âgées) présentant une ou plusieurs comorbidités.
  • Dans un second temps, les personnes entre 65 et 74 ans (toujours en priorisant celles avec comorbidités)
  • Dans un troisième temps, les professionnels de santé et du médico-social âgés de 50 ans et plus, priorité à ceux présentant une ou plusieurs comorbidités.

 
Les phases quatre et cinq suivront le principe de priorisation selon le niveau de fragilité des personnes, jusqu’à ce que l’ensemble de la population soit concerné.
 
Plus d’informations sur la priorisation de la vaccination.
 
Bien sûr, chaque professionnel de santé peut librement décider de se faire vacciner, ou pas.

Pathologies et facteurs de risque

Le premier facteur de risque concerne l’âge. Vous êtes considéré comme fragile si vous avez plus de 65 ans.
Mais la HAS a également listé les pathologies suivantes comme prioritaires pour la vaccination COVID :

  • L’obésité (IMC >30), particulièrement chez les plus jeunes
  • La BPCO et l’insuffisance respiratoire
  • L’hypertension artérielle compliquée
  • L’insuffisance cardiaque
  • Le diabète (de type 1 et de type 2)
  • L’insuffisance rénale chronique
  • Les cancers et maladies hématologiques malignes actifs et de moins de 3 ans
  • La transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques
  • La trisomie 21

 
NB : La vaccination est gratuite. Elle est recommandée mais n’est pas obligatoire. Le consentement de chaque personne vaccinée est recueilli au préalable par un médecin.

Pourquoi vacciner en premier les personnes fragiles ?


 
Les personnes fragiles sont celles qui ont le plus grand risque de développer des formes graves de Covid-19. Les vacciner en premier, c’est tout simplement les protéger. Les bénéfices sont en effet supérieurs aux risques liés aux vaccins.
 
Une personne à risque de forme grave va tirer un bénéfice individuel de la vaccination, à savoir qu’elle sera protégée contre un développement grave du Covid-19. A l’échelle de la population vaccinée, on attend un bénéfice collectif : plus le nombre de personnes vaccinées est grand, moins le virus circule. Ainsi, les personnes fragiles ont moins de risque d’être infectées. En somme, l’intérêt pour une personne en bonne santé de se vacciner, s’il est modéré pour son propre bénéfice car peu de personnes de cette population développe des formes graves, est principalement de protéger les plus fragiles.

Pzifer / BioNTech, Moderna… Tout sur les vaccins Covid


 
Il existe quatre grands types de vaccin : les vaccins à germe entier, les vaccins protéiques / sous unitaires, les vaccins à vecteur viral et les vaccins à acides nucléiques. Les vaccins COVID Pfizer/BioNTech et Moderna, autorisés et inoculés au Royaume-Uni début décembre, font partie de cette dernière catégorie. Ce sont des vaccins dits « à ARN messager ».
 
Ces vaccins ne contiennent aucun virus, mais seulement une partie de son matériel génétique. Il migre dans les cellules humaines dans un seul but : leur faire produire l’antigène du virus.
 
On dit que l’ARN est messager lorsque « sa forme est celle d’une copie temporaire d’un fragment d’ADN, destinée à être lue pour fabriquer une protéine dans les usines de la cellule (les ribosomes, qui ne savent lire que cet ARN messager). L’ARN messager fait directement synthétiser la protéine virale par les ribosomes sans avoir à passer par le noyau de la la cellule. Ces vaccins sont considérés comme beaucoup plus immunogéniques que les vaccins à l’ADN, à la différence que l’ARNm est moins stable que l’ADN et qu’il requiert des conditions de stockage nettement plus froides.« *
 
Ces vaccins ont pu être développé très rapidement grâce au séquençage du coronavirus dès janvier 2020, et aux technologies développées antérieurement pour d’autres vaccins, qui ont pu être adaptées aux vaccins COVID. Les travaux antérieurs sur les virus SARS-CoV1 et MERS-COV ont également permis d’identifier la protéine S comme antigène de choix. Enfin, la mobilisation des équipes de recherche et des volontaires pour les essais vaccinaux et les progrès scientifiques en immunologie et virologie ont pu permettre un développement rapide des vaccins.

Quid du vaccin français ?

L’essai clinique de phase 3 (le développement pré-clinique) du vaccin Institut Pasteur, développé avec le laboratoire MSD, est retardé à juin 2021. Ce vaccin SANOFI / Pasteur ne sera pas disponible avant fin 2021, selon les informations actuelles.
 
Découvrez toutes les phases du développement d’un vaccin dans notre infographie animée : 

Quels sont les risques de cette vaccination ?

Les effets indésirables du vaccin COVID, tels que décrits par les laboratoires, sont les mêmes que ceux rapportés après une vaccination, à savoir : douleur au site d’injection, myalgies, arthralgies, fièvre, céphalées, fatigue et frissons. Ces effets secondaires s’estompent en principe au bout de quelques jours.
 
On peut lire dans certains médias que le vaccin ne protège pas contre la transmission du virus. De ce que l’on sait aujourd’hui, le vaccin injecté par voie intra musculaire induit une immunité avec production d’anticorps dans le sang. Ces anticorps vont empêcher une infection pulmonaire ou généralisée. Il existe une incertitude sur leur présence au niveau des muqueuses nasales et leur capacité à empêcher l’infection des voies aériennes supérieures. Dans ce cas il pourrait potentiellement être transmis à d’autres personnes. Ce sont encore des hypothèses qui devront être évaluées dans les semaines qui viennent avec les données des essais cliniques en cours.

L’immunité des vaccins COVID


 
Les premiers essais montrent que l’immunité persiste plusieurs mois. En revanche, c’est le suivi à long terme qui permettra de répondre plus précisément à cette question.
 
Attention : aucun vaccin n’est efficace à 100% ! Il convient donc de continuer à appliquer les gestes barrière, pour se protéger et protéger les autres.
 

Risque d’intégration au matériel génétique de la cellule

Un ARN doit disposer d’une structure proche de celle des rétrovirus, et être associé à une transcriptase inverse, afin d’être intégré dans une cellule. Les vaccins ARNm ne disposent d’aucun des deux, et ne sont pas susceptibles de s’intégrer dans l’ADN de n’importe quel autre ARN étranger à la cellule.
 
L’ARN va déclencher par ailleurs une réponse cellulaire de type interféron qui va avoir un double effet :

  • elle va augmenter l’immunogénicité du vaccin (c’est à dire la réponse immunitaire)
  • elle va conduire aussi à la destruction de l’ARNm

Maladies auto-immunes

Lorsque des cellules sont infectées par un virus, elles produisent des interférons (IFN), de puissantes molécules antivirales qui protègent les cellules avoisinantes de l’infection et permettent ainsi de limiter la propagation du virus dans l’organisme. Reconnus comme étrangers, les vaccins ARNm vont induire au sein des cellules cette réponse interféron. Cette réponse cellulaire va impacter l’immunogénicité des vaccins, et pourrait théoriquement être à l’origine d’effets indésirables (poussées ou déclenchement de maladies auto-immunes).
 
Ces phénomènes n’ont cependant pas été observés dans les précédents essais cliniques avec utilisation de vaccins ARNm. En revanche, on a pu observer chez l’un d’entre eux une augmentation des marqueurs biologiques d’auto-immunité chez 20% des sujets vaccinés. Lors de ces tests, les doses de vaccin étaient bien supérieures à celles des vaccins COVID (400 à 1600 µg contre 30µg dans les vaccins COVID-19).
 
Les récents essais de phase 3 ont inclus des personnes souffrant de maladies auto-immunes, ce qui pourrait nous donner une meilleure idée de la tolérance de ces vaccins chez ces sujets. De plus, certains vaccins COVID ont été modifiés afin de diminuer cette réponse interféron.
 
*Source : COPIL Vaccination COVID AP-HP

No Comments

Add your comment