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Crise sanitaire 2e acte : les professionnels de santé se remobilisent

Avec la deuxième crise sanitaire, les professionnels de santé de tous bords (médecins généralistes, médecins spécialistes, kinésithérapeutes, pharmaciens, sages-femmes…), se remobilisent pour venir en aide aux collègues pour le mieux-être des patients.

Un programme de formation orienté Covid-19 pour tous les professionnels de santé

La SRLF (Société de Réanimation de Langue Française) a mis en place un programme de formation orienté COVID-19, proposant des recommandations, des avis et des informations générales sur le Covid-19. Ce programme a été élaboré par des réanimateurs médicaux et des anesthésistes-réanimateurs, en partenariat avec le ministère des solidarités de santé. Vous pouvez d’ores-et-déjà accéder au programme et aux informations sur le site de la SRLF.

Quelles solutions pour recruter du personnel soignant et des professionnels de santé, en milieu hospitalier privé et public ?

En effet, ce deuxième acte montre que la crise sanitaire est devenue nationale, et non plus régionale. Il est donc plus difficile de mobiliser les professionnels de santé remplaçants en interrégion pour venir en aide aux confrères.

Alors comment faire pour faire venir en remplacement ou en soutien un professionnel de santé dans toute la France, et même en Outre Mer, où les besoins sont aussi drastiques ?

Plusieurs solutions sont à disposition, comme les systèmes de petites annonces qui restent toutefois peu efficaces, correspondant à une bouteille lancée à la mer avec un message qui est rapidement dépassé.

Il existe également les entreprises d’intérim qui font circuler des professionnels de santé comme des médecins remplaçants, des kinésithérapeutes remplaçants, des sages-femmes remplaçantes mais dont le vivier reste limité, et cher en particulier en période de crise sanitaire dont le volume dépasse largement le budget d’un établissement.

Restent les réseaux personnels et professionnels. En effet, la constitution d’un réseau professionnel et personnel par une mise en relation directe des professionnels entre eux semble la solution la plus efficace et recommandée par toutes les institutions. En effet, lorsque vous prenez contact avec un remplaçant ou le responsable d’un établissement de santé, vous gardez ce contact dans votre carnet d’adresses, et il s’inscrit dans votre réseau professionnel. Il vous appartient ensuite de le recontacter dès que bon vous semble.

La solution Docndoc a par ailleurs déjà fait ses preuves lors de l’acte un de la crise sanitaire, en apportant une solution concrète au manque de personnel soignant dans les hôpitaux et les cabinets médicaux libéraux grâce à une mise en relation ciblée et rapide, tant sur le plan régional que national.

L’objectif actuel est d’absorber un nouveau flux de patients COVID-19 en réanimation, tout en tentant de doubler les capacités actuelles de lits. Un réel challenge !

L’expérience de l’acte un de la crise sanitaire de mars 2020 a permis de résoudre les contraintes matérielles. En revanche, l’éternel problème persiste autour du personnel soignant médical et paramédical, pour prendre en charge de façon optimale les patients.

Le renfort Covid par la mise en relation entre professionnels de santé

Pour permettre de réaliser un renfort Covid, un échange de professionnels de santé par mise en relation directe dans les zones de déserts médicaux, comme le fait Docndoc, est amélioré par des formations en ligne mise à disposition par les sociétés savantes, et en particulier par la SRLF et la SFAR (Société Française d’Anesthésie-Réanimation).

« En complément, les établissements de santé ont organisé la formation des professionnels de santé, mobilisé en renfort dans l’établissement ou mis à disposition d’autres établissements, aux spécificités de la prise en charge des patients et du fonctionnement des structures de soins critique créé pour répondre à la prise en charge des patients COVID-19. Cette formation a vocation à être mise en œuvre par les services de réanimation avec l’appui des centres d’enseignement des soins d’urgence. 7000 professionnels ont ainsi bénéficié de ce type de formation aux gestes de réanimation depuis le printemps », affirme la DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soins), qui estime une répartition d’environ 80 % de formation des paramédicaux et 20 % des formations des médecins.

De plus, le chef de service du centre hospitalo-universitaire de Rouen déclare travailler « au niveau du ministère à la fois les médecins de réanimation médicale et les anesthésistes réanimateurs pour proposer un programme de formation à diffusion nationale, très orienté sur la prise en charge du Covid. »

L’ampleur des déserts médicaux explose face à la crise

Tous les médecins réanimateurs ou anesthésistes sont sollicités pour porter main forte à la prise en charge des patients Covid pour cette vague. L’harmonisation et la mutualisation des médecins, dans le secteur public comme dans le secteur privé, aident à faire face à la crise.

Toutefois, la répartition des professionnels de santé reste en crise avec des zones sous dotées, et des spécialités en tension. Toutes les régions de France sont concernées par la crise sanitaire, plusieurs régions sont débordées et n’ont plus les capacités d’accueil en réanimation des patients Covid, comme à Saint-Étienne en région auvergne Rhône-Alpes et dans le Grand Est. L’ampleur des déserts médicaux explose de façon maximale.

Une opération de formation du personnel soignant déployé sur tout le territoire…

Les efforts sont donc réalisés sur la formation du personnel. Ces formations varient d’une région à l’autre, avec la plupart du temps des formations internes mises en place. Toutefois, l’effort national, permet d’optimiser la formation.

« A Rouen, on forme des infirmiers non réanimateurs avec un module théorique de 48 heures, qui a lieu au centre d’enseignement des soins durs. On leur apprend un certain nombre d’éléments sur les patients qu’ils vont prendre en charge, et d’autres éléments plus techniques sur l’environnement auquel ils vont être confronté, les conditions de protection (équipements de protection individuelle…) le décubitus ventral des patients sous ventilation mécanique etc. Il y a une phase d’immersion. Les infirmiers sont intégrés dans l’unité de réanimation avec un tutorat par des infirmiers de réanimation experts » explique le chef de service de réanimation de Rouen.

Pour les médecins des autres spécialités, venant en renfort Covid à leurs confrères réanimateurs, il n’y a pas de formation spécifique. Certains sont déjà habitués au bloc opératoire, à retourner les patients en décubitus, aux gestes d’urgence.

Le chevauchement des tâches entre les différentes spécialités médicales a permis une adaptation rapide et efficace à la prise en charge des patients dans les services.

… mis en pause jusqu’au 31 décembre 2020

Mais ces formations prennent du temps !
L’ARS d’Auvergne Rhône-Alpes et le conseil régional ont décidé de suspendre façon temporaire les formations des infirmiers des blocs opératoires, infirmiers anesthésistes, cadres de santé et puéricultrices afin qu’ils puissent venir en renfort dans les structures hospitalières. Cette suspension est décidée pour une période de deux mois, jusqu’au 31 décembre 2020.

« La suspension temporaire de la formation des professionnels de santé salariés doit permettre à leur réintégration de leur établissement d’origine ou leur mise à disposition dans d’autres établissements en fonction des besoins sur le territoire »

Les professions de santé en formation apprennent alors sur le tas, en compagnie de leurs confrères et collègues, directement en immersion dans les services.

Le redéploiement des renforts de personnel soignant sont en cours avec une mobilisation interne et une organisation en externe faisant appel aux professionnels de santé extérieurs. Des collaborations stratégiques et coordonnées se créent entre établissements publics et privés inter puis intra- régionaux.

Malgré tous ces efforts, et ces renforts de ressources humaines, le transfert des patients est également envisagé hors région et hors France.

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