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France : Quel public prioritaire pour le dépistage du Covid-19 ?

Les clusters se multiplient en France au retour de vacances, avec la rentrée des classes. Les enquêtes menées lors des cas positifs chez les professionnels de santé ont révélé plusieurs foyers épidémiques actuellement actifs. 

Qu’est-ce qu’un foyer épidémique ?

Un foyer épidémique se définit par la présence de cas contacts secondaires positifs, chez des patients ou des professionnels de santé, à partir d’un cas de COVID-19 initial.

Chez plusieurs d’entre eux, les enquêtes ont montré que des moments de convivialité pendant lesquels les gestes barrières ne sont plus respectés (dans le public : des rassemblements de type fêtes d’étudiants, anniversaires, repas partagés, festivals, ou chez les professionnels de santé : des réunions multidisciplinaires, le temps de transmission des informations du service, la cantine…), ont participé à la diffusion du virus.

Une vigilance accrue préconisée envers les personnes et les patients âgés

La vigilance doit être accrue dans les moments conviviaux, et plus particulièrement, concernant les professionnels de santé, auprès de leurs patients. Les foyers épidémiques ont entraîné de longues files d’attente auprès des laboratoires et des tentes de dépistage du COVID-19.

Le Premier Ministre Jean Castex recommande une extrême vigilance et prudence accrue aux personnes âgées, en respectant bien les gestes barrières avec la distanciation physique, le port du masque, le lavage des mains, l’éloignement des petits-enfants. On rappelle que 42 départements sont désormais en zone rouge en France.

Quelle population est concernée par les passages en réanimation ?

La définition d’une zone rouge se base sur des prévisions d’occupation de lits de réanimation, avec une hausse sensible du nombre des hospitalisations depuis une semaine.

Les passages en réanimation concernent la même population qu’en mars 2020, à savoir :

  • les patients en surpoids
  • les patients âgés de plus de 75 ans
  • les patients présentant une pathologie chronique

En France, 72 cas positifs pour 100 000 habitants

Le nombre de cas positifs au Covid-19 en France est passé à 72 pour 100 000 habitants. En France, plus d’un million de tests sont effectués par semaine, la classant troisième pays d’Europe.

Toute la difficulté réside dans le choix de poursuivre une vie sociale culturelle et économique dans ce contexte d’épidémie.

Qui est le public prioritaire des tests de dépistage ?

Le public prioritaire devant se faire tester au plus vite correspond aux :

  • soignants des hôpitaux privés et publics
  • personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées (les EHPAD)
  • personnes symptomatiques
  • contacts rapprochés du porteur du Covid 19.

De nouvelles recommandations pour réduire les files d’attente devant les laboratoires

Pour réduire le temps d’attente de files devant les laboratoires, le premier ministre a annoncé le recrutement de 2000 personnes par l’Assurance Maladie et les ARS (agences régionales de santé). Le but est d’augmenter le traçage des cas contacts, permettant ainsi de réduire la durée d’isolement des porteurs du virus avérés selon les recommandations du conseil scientifique.

Une « quatorzaine » désormais limitée à 7 jours

Ces recommandations sont de limiter la durée de l’isolement à sept jours pleins.

Pour les personnes non hospitalisées, ne présentant aucune pathologie chronique, le temps de confinement passe à 7  jours :

  • dès le jour du début des symptômes pour les cas confirmés, sans attendre les résultats du test de dépistage
  • dès le jour du prélèvement positif pour les cas asymptomatiques
  • dès le jour du contact avec un cas confirmé pour les personnes contacts, avec un test de dépistage au 7e jour d’isolement, ou avant, dès l’apparition des symptômes

Si le résultat est positif, le patient poursuit l’isolement pendant 7 jours supplémentaires.

La levée de l’isolement devra également être réalisée en l’absence de fièvre au septième jour. S’il persiste une symptomatologie, le patient devra poursuivre l’isolement 48 heures supplémentaires, jusqu’à disparition de tout symptômes.

« Au-delà de cette durée d’isolement, le risque de transmission est très faible, et le risque résiduel peut être parfaitement maîtrisé par le port rigoureux du masque chirurgical, et le suivi scrupuleux ses mesures d’hygiène (lavage régulier des mains et distanciation physique) pendant la semaine qui suit la levée de l’isolement » écrit le conseil scientifique.

Les professionnels de santé vont, eux, au fur et à mesure affiner la définition de la symptomatologie COVID-19.

Des traces du virus jusqu’à 30 jours après les prélévements

Ces nouvelles mesures ont été prises suite aux nouvelles connaissances scientifiques relatives à la durée d’excrétion virale et à la contagiosité du virus. L’ARN (acide ribonucléique) du COVID-19 peut être détecté 30 jours après les prélèvements chez certains patients, mais n’est pas suivi obligatoirement d’un risque d’infection.

Aucun virus n’a pu être cultivable au-delà du huitième jour chez les patients confirmés (non hospitalisés), même si de très faibles traces du virus restent détectables par PCR, explique le conseil scientifique.

90% des cas de contamination détectés au bout de 7 jours d’isolement

On sait maintenant que le délai d’apparition des symptômes, après contact, est de 2 à 12 jours avec une médiane de 5 à 7 jours, et que peu de cas se déclarent au-delà du 10e jour.

L’expression virale présymptomatique est détectable en moyenne 3 jours avant l’apparition des symptômes, et la transmission est « maximale entre deux jours avant l’apparition des signes cliniques et cinq jours après » , d’après le conseil scientifique.

En testant les contacts au bout de sept jours d’isolement, la majorité des personnes contaminées seront dépistées : entre 90 et 95 % des cas. La réduction de l’isolement a été mise en place car il y a un non-respect des mesures de quatorzaine par les patients COVID-19 et les personnes contacts à risque, et en particulier les patients asymptomatiques.

Quid des patients contaminés au sein d’une famille ?

Pour un patient atteint au sein d’une famille, cela n’entraîne pas l’isolement de toute la famille. La stratégie est que le patient atteint s’isole dans une chambre seule. Dans le cas où le foyer est trop exigu, certaines personnes peuvent s’isoler au sein des résidences dédiées COVID+.
Mais restons pragmatique, ces résidences non pas trouvé l’intérêt auprès du public. De plus, il reste le problème de leur financement !

Qu’est-ce que les mesures de compensation recommandées par le conseil scientifique ?

Le conseil scientifique recommande « une double stratégie de droits et de devoirs, alliant la promotion du devoir de solidarité par l’auto-isolement à des mesures de forte compensation »

Les mesures de compensation sont les suivantes :

  • des prescriptions d’arrêts de travail dont le motif entraînera une annulation du délai de carence
  • une prime de compensation de perte de revenus, en particulier pour les professionnels indépendants ou ceux qui n’ont pas de revenus réguliers
  • des certificats médicaux permettant aux mineurs de justifier leur absence auprès de l’établissement scolaire
  • un service de prise en charge à domicile des besoins en nourriture, des soins de santé, et d’assistante sociale, si nécessaire

De plus, le suivi dans la durée doit être rapporté à la caisse d’Assurance-Maladie pour renforcer le système d’information. Cette stratégie doit être évaluée au fur et à mesure de l’évolution des connaissances.

Et en ce qui concerne les enfants…

Et que penser des enfants qui montrent des signes symptomatiques (toux, diarrhée, vomissements, fièvre, etc…) ? Nous avons créé une infographie selon les recommandations de la Société Française de Pédiatrie.

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