Droits et devoirs d’un médecin remplaçant un confrère
La première règle « absolue » concernant le médecin remplaçant émanant du conseil national de l’ordre des Médecins : « Le médecin remplaçant, qu’il soit étudiant ou docteur en médecine, exerce en lieu et place du médecin installé ».
Droits et devoirs du médecin remplaçant
De cette injonction découlent des droits et des devoirs du médecin remplaçant, sous les aspects de juridiction (ou responsabilité) ordinale, civile et pénale, et de devoirs ou engagement dans la continuité des soins.
Ces droits et devoirs s’exercent tout au long de l’activité de remplacement sur le territoire français et d’outre-mer.
Le médecin remplaçant non thésé ne peut exercer qu’avec une licence de remplacement. Il faut bien retenir que la licence de remplacement n’est pas une autorisation de remplacement, uniquement un document permettant de faire la preuve que le remplaçant est médecin. (en savoir plus sur la licence de remplacement).
L’autorisation de remplacement délivrée par le Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins est strictement personnelle et doit être demandée par le médecin remplacé avant le remplacement. Le remplaçant, quant à lui, est intégralement responsable de ses actes professionnels, de ses décisions, au même titre que le médecin remplacé, devant la juridiction ordinale civile et pénale.
La juridiction ordinale
Durant le remplacement médical, l’étudiant en médecine ou le médecin thésé relève de la juridiction disciplinaire de l’Ordre National des Médecins (Code de déontologie, art. 1er). La juridiction ordinale veut dire « Section disciplinaire de l’ordre des médecins », et peut être saisie en cas de problème.
Quelle responsabilité du médecin remplaçant sur les actes réalisés?
Le médecin remplaçant remplace, comme il se doit, son confrère. Ce qui veut dire que le médecin remplaçant n’existe pas en tant que tel dans la convention médicale entre les médecins installés et l’assurance-maladie, mais au travers du médecin remplacé. Par conséquent, le médecin remplaçant utilisera tous les documents du médecin remplacé (ordonnances, certificats, feuilles de soins pré-identifiées…).
Il faut que sur tous les documents (ordonnances, certificats, feuilles de soins, attestations diverses) le médecin remplaçant précise son identité et mentionne sa qualité de remplaçant ainsi que le nom du médecin qu’il remplace. Il lui suffit de biffer le nom du médecin remplacé et de mettre le sien à la place en indiquant sa qualité de remplaçant.
Bon à savoir : Le médecin remplaçant thésé peut rédiger des ordonnances à son nom en dehors du remplacement et ajouter « acte gratuit ». Ces ordonnances peuvent être établies sur du papier libre, mentionnant le RPPS du médecin remplaçant, la date et le lieu de rédaction de l’ordonnance.
Remplacer sous le même secteur
Le médecin remplaçant utilisant les ordonnances du médecin remplacé doit exercer sous le même secteur conventionné que le médecin remplacé. Si celui-ci est en secteur 1, le médecin remplaçant sera en secteur 1. Si celui-ci est en secteur 2, même principe, dépassement d’honoraires compris ! Cela sous-entend que le médecin remplaçant ne peut pas faire un dépassement d’honoraires supérieur à celui du médecin remplacé !
Attention : Dans un cabinet à activité plurisectorielle, il est possible de remplacer plusieurs médecins à la fois mais, dans ce cas, le médecin remplaçant doit utiliser les feuilles de soins de chaque médecin pour chaque patientèle propre.
La rétrocession d’honoraires pendant un remplacement
Le médecin remplacé rémunère son remplaçant par une rétrocession d’honoraires. Si le médecin remplaçant fait des erreurs de nomenclature et de tarification, le médecin installé en subira les conséquences car c’est lui qui est inscrit à la sécurité sociale. Le remplaçant travaille avec ses feuilles de soins.
Le médecin remplaçant a une totale autonomie pour exercer avec des droits et des devoirs qui lui sont attachés, en particulier la Responsabilité Civile Professionnelle, le code de déontologie médicale. Il est responsable de ses actes, de ses erreurs, et en particulier des erreurs de nomenclature et donc de tarification.
Ce qui veut dire que le médecin remplaçant utilise la même tarification de secteur que le médecin qu’il remplace, mais attention ! Il faut être très vigilant sur la nomenclature et sur la tarification car toute erreur ira directement auprès du médecin remplacé. Celui-ci pourra imputer au remplaçant une partie des erreurs sur sa rétrocession d’honoraires.
Notre recommandation : « Côtez bien et comptez bien vos actes ! »
De même, le médecin remplacé doit laisser son caducée à son remplaçant (ou sa carte de déplacement pour les remplaçants parisiens).
La rétrocession d’honoraires reste libre entre les deux médecins, évaluée entre 60% et 100%.
(Article mis à jour en mars 2020)
4 Comments “Droits et devoirs d’un médecin remplaçant un confrère”
Benali
says:
Bonjour, je suis français, j’ai effectué mes études de médecine en roumanie, et j’ai même passé le concours de spécialistes et j’ai obtenu la spécialisation en neurochirurgie et aujourd’hui je suis en quatrième année spécialisation et j’ai passé 5 semestre d’internat en France ( FFI )et la je suis retourné en roumanie et je ne suis plus enchanté de finir mon internat en roumanie car je sens que je régresse après mes stages en France donc je vous demande si je peut faire une dérogation en France et je continue mes stages en France et obtenir mon diplôme de spécialistes en France
Cordialement
Docndoc
says:
Bonjour
il est théoriquement possible de demander à poursuivre votre internat en France, même si vous avez déjà commencé un internat en Roumanie.
Demande de dérogation : Vous pourriez soumettre une demande à la Commission des Internes ou à l’autorité compétente en charge des stages d’internat en neurochirurgie en France. Cette commission pourrait évaluer votre parcours et envisager de vous permettre de continuer vos stages en France.
Évaluation des semestres réalisés en France : Comme vous avez déjà effectué 5 semestres en France dans le cadre de votre statut de FFI (Formation Française Interne), ces semestres pourraient être pris en compte dans le cadre de la poursuite de votre spécialisation en France. Vous devrez vérifier si ces semestres peuvent être validés et reconnus dans le cadre du programme de neurochirurgie français, afin de ne pas devoir recommencer votre formation
Si votre demande de dérogation est acceptée, vous pourriez continuer votre internat en France pour compléter les années restantes, tout en validant les stages effectués.
toutefois, Vous devrez valider votre spécialité en Roumanie
Puis faire une reconnaissance de diplome à faire valider par l’ordre des Médecins Francais
bonne journée
cordialement
masse
says:
Bonsoir mon médecin arrête son activité ,je suis dans ce cabinet depuis plusieurs années ,le médecin remplaçant est l obligé de continuer a me renouveler mes ordonnances pour mes traitements merçi pour votre retour
Docndoc
says:
Bonjour
Que puis je faire pour vous?
Bonne journée
Cordialement